Économies inclusives

Des liens constructifs au Costa Rica


Comment WEConnect International a aidé Madelaine Artavia Sotela à développer son entreprise de construction


Par Alanna Mitchell le 18 octobre 2017

Madelaine Artavia Sotela dans un chantier de construction au Costa Rica. En 2002, elle lance sa propre entreprise de construction, dont la croissance est en partie attribuable au programme de WEConnect International. (Photo: Madelaine Artavia Sotela)

Âgée de 38 ans, Madelaine Artavia Sotela distingue deux grandes étapes dans son parcours d’entrepreneure en construction : avant son inscription au programme WEConnect et après.

Son entreprise s’est portée beaucoup mieux après. En 2014, elle comptait cinq employés. Aujourd’hui, après les contrats de construction obtenus grâce au programme WEConnect, elle en a 15, plus 10 autres qui travaillent à la demande.

« Cela a totalement changé ma vie, déclare-t-elle. Tout est plus facile maintenant. »

Lancé en 2009, le programme WEConnect International jumelle des entreprises dirigées par des femmes à des multinationales désireuses de recourir davantage aux services offerts par des femmes. Selon une recherche réalisée par WEConnect, les entreprises appartenant à des femmes reçoivent moins de 1 % des sommes dépensées en biens et services par les firmes et les gouvernements dans le monde.

Pour diversifier leur chaîne d’approvisionnement, les grandes sociétés tentent de plus en plus de changer cet état de fait. Leur but n’est pas seulement d’encourager les femmes à lancer et à faire fructifier leurs entreprises et donc à renforcer les économies locales, mais aussi de s’exposer elles-mêmes un plus large spectre d’idées. C’est une opération gagnante-gagnante classique.

Un problème subsistait : les firmes désireuses de faire affaire avec des femmes éprouvaient de grandes difficultés à trouver ces entreprises. Et puis, comment savoir si une entreprise s’affichant comme la propriété d’une femme l’était réellement ?

WEConnect intervint en créant un programme visant à repérer, à inscrire et à certifier les entreprises possédées par des femmes dans le monde entier, tout en offrant éducation et formation. Il en est résulté une base de données à partir de laquelle les grandes firmes peuvent trouver des fournisseurs.

WEConnect touche aujourd’hui des entreprises appartenant à des femmes dans plus de 100 pays, lesquels représentent 60 % de la population mondiale. Plus de 5000 entreprises se sont inscrites et environ 750 ont payé leur certification, ce qui implique une évaluation réalisée par WEConnect pour vérifier que l’entreprise est bien possédée et dirigée principalement par des femmes. (Les frais de certification varient selon les pays.)

Les multinationales versent des frais annuels allant de 15 000 à 35 000 $US pour adhérer à WEConnect, accéder à la banque de données et, parfois, avoir des représentants aux conseils consultatifs nationaux de l’organisation. Apple, IBM, Boeing, Delta, Walmart, la banque Toronto Dominion et Marriott International font partie des adhérents.

Dans cette vidéo en anglais sous-titrée, Madelaine Artavia Sotela explique comment WeConnect International a contribué à l’essor de son entreprise de construction au Costa Rica.

Jusqu’à présent, WEConnect a surtout concentré son travail en Inde, indique Arjan de Haan, chef du programme Emploi et croissance au Centre de recherches pour le développement international, qui a fourni 500 000 $ pour appuyer le projet à ses débuts, puis 350 000 $ pour l’étendre à l’Amérique latine et aux Antilles.

En Amérique latine, la banque de données a libéré une énergie qui « était déjà en ébullition », précise Arjan de Haan.

Le cas de Madelaine Artavia Sotela est un exemple typique. Elle faisait face à des obstacles pour obtenir des contrats lucratifs et, de plus, elle avait brisé les stéréotypes en lançant sa propre entreprise, Arquitectura Arquenz. Le secteur de la construction est très « macho », explique-t-elle.

Depuis qu’elle est toute petite, elle nourrit une passion pour la construction. Son père, qui était contremaître, l’emmenait avec lui dans les chantiers de construction. En 2002, elle était dessinatrice d’architecture et mère célibataire. Elle travaillait à partir de son domicile et rêvait de devenir architecte. Une cliente qui appréciait beaucoup ses dessins lui demanda de construire la maison dont elle avait tracé les plans. Cette même année, la jeune femme décida de lancer son entreprise de construction en hommage à son père, qui venait de subir un AVC et ne pouvait plus travailler.

Il lui fallut attendre 2012 pour obtenir son diplôme d’architecte, puisqu’elle dirigeait son entreprise en même temps. Elle fit bientôt la connaissance de WEConnect à une réunion de réseautage et obtint sa certification en 2014. Elle demanda immédiatement un passeport et un visa et prit un avion, son premier, à destination de Miami, où se tenait une importante conférence sur la construction. L’hôtelier Marriott International était présent. Quelques mois plus tard, elle décrochait son premier gros contrat avec cette firme.

Elle se fait un point d’honneur d’engager des femmes pour des travaux comme la peinture ou la plomberie, ce qui choque les employés masculins. Mais ils ont fini par s’y habituer. Aujourd’hui, elle a quatre femmes parmi ses employés.

« Je souhaite inclure plus de femmes dans mon entreprise, déclare-t-elle. Le machisme est omniprésent dans le monde et je crois que les femmes doivent pouvoir faire ce dont elles ont envie. »

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Ce billet fait partie d’une série d’articles qui porte sur des projets soutenus par le Centre de recherches pour le développement international et qui est présentée en partenariat avec Canadian Geographic. Un blogue par mois sera diffusé sur le site idrc.canadiangeographic.ca.

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